En mars 2026, le prix du gasoil au Maroc a atteint 12,76 MAD/L, marquant une hausse importante due à des tensions géopolitiques et des fluctuations du marché international. Cette augmentation, notamment de 2 MAD/L à partir du 16 mars, résulte du conflit au Moyen-Orient qui a perturbé les flux pétroliers mondiaux.
Points clés :
- Prix actuel : 12,76 MAD/L (23 mars 2026).
- Conflit au Moyen-Orient : Impact direct sur les prix via le blocage du détroit d’Ormuz.
- Indice Platts : Augmentation de 750 à 1 200 $/tonne, affectant les coûts d’importation.
- Marge des distributeurs : Doublée entre 2021 et 2025 (1,30 à 2,60 MAD/L).
- Prévisions 2026 : Stabilisation possible autour de 12,80 MAD/L, mais une hausse à 15 MAD/L reste envisageable si les tensions persistent.
Avec une dépendance totale aux importations de produits raffinés, le Maroc reste vulnérable aux variations du marché mondial. Les experts soulignent l’urgence d’améliorer les stocks stratégiques et de relancer des infrastructures locales comme la raffinerie de Mohammedia.
Pour anticiper les impacts, il est crucial de suivre les évolutions internationales et d’adopter des mesures pour limiter les hausses futures.
Évolution des prix du diesel depuis 2016

Évolution du prix du gasoil au Maroc 2016-2026
Variations mensuelles et annuelles des prix
Au cours de la dernière décennie, les prix du gasoil au Maroc ont affiché une grande instabilité. Les chiffres montrent des hausses marquées : 21,4 % en un mois, 25,6 % en trois mois et 16,3 % sur une année. Ces données reflètent les défis auxquels les consommateurs marocains sont confrontés face à ces variations.
En avril 2020, les confinements dus à la pandémie mondiale ont fait chuter le prix à 7,55 MAD par litre. Cependant, en juillet 2022, la reprise économique post-pandémie combinée au conflit entre la Russie et l’Ukraine a fait grimper le prix à 16,57 MAD par litre.
Entre 2021 et 2025, une tendance préoccupante s’est dessinée : les marges des distributeurs ont doublé, passant de 1,30 MAD/L à mi-2021 à 2,60 MAD/L fin 2025. Cette augmentation explique pourquoi les baisses du prix du Brent, qui s’établissait en moyenne à 64 dollars en 2025, ne se sont pas entièrement répercutées sur les prix à la pompe.
« La baisse des coûts internationaux et des coûts d’achat n’est que partiellement reflétée à la pompe », selon le rapport du Conseil de la concurrence.
Ces évolutions ont préparé le terrain pour les hausses soudaines enregistrées en mars 2026.
Augmentations des prix en mars 2026
En mars 2026, les prix ont connu une flambée spectaculaire. Après une légère hausse de 0,25 MAD le 1er mars (portant le tarif à 10,80 MAD/L), une augmentation brutale de 2,00 MAD a été appliquée le 16 mars, faisant grimper le prix à environ 12,80 MAD par litre.
Cette envolée s’explique par la « Troisième guerre du Golfe », un conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a paralysé le détroit d’Ormuz, un passage clé pour le commerce mondial des hydrocarbures. Le Brent a ainsi bondi de 9 %, passant de 73 à environ 80 dollars le baril. L’Iran, avec une production de 3,1 millions de barils par jour, joue un rôle central dans cette crise.
« La situation est particulièrement suivie en raison du rôle stratégique de l’Iran… Le pays figure parmi les dix premiers producteurs de pétrole », rapporte Article19.ma.
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Les facteurs qui influencent les variations du prix du gasoil
Les variations du prix du gasoil au Maroc, observées depuis 2016, sont le résultat d’un enchevêtrement de facteurs. Mieux comprendre ces influences permet d’anticiper leurs effets sur l’économie nationale.
Impact du marché pétrolier mondial
Depuis la fermeture de la raffinerie La Samir à Mohammedia, le Maroc dépend entièrement des importations de produits raffinés. Cette situation rend les consommateurs marocains particulièrement sensibles aux fluctuations des prix sur le marché mondial.
L’indexation sur l’indice Platts joue un rôle clé. Par exemple, la hausse spectaculaire de cet indice en mars 2026 a directement impacté les tarifs à la pompe, reflétant une augmentation des coûts internationaux.
« Le marché marocain des carburants constitue un exemple flagrant de la transmission immédiate des chocs externes », explique Aboulhassane Ali.
Une règle simple illustre cette relation : une hausse de 10 dollars du baril de pétrole brut se traduit par une augmentation d’environ 1 dirham par litre dans les stations-service marocaines. Cependant, cette transmission est asymétrique : les prix augmentent rapidement, mais baissent beaucoup plus lentement.
Politiques gouvernementales et fiscalité
Au Maroc, le gasoil représente une source importante de revenus fiscaux. Au premier trimestre 2025, les taxes sur les carburants ont généré 6,86 milliards de dirhams, dont 83 % provenaient du diesel. Cette dépendance fiscale crée un dilemme : maintenir les recettes publiques tout en protégeant le pouvoir d’achat des citoyens.
Lors de la flambée des prix en mars 2026, le gouvernement a relancé les discussions sur des aides ciblées pour les professionnels du transport. L’expert en énergie Mostafa Labrak a souligné l’impact imminent :
« On doit donc s’attendre, théoriquement, à une forte augmentation des prix à la pompe à partir du 16 mars ».
Les distributeurs ajustent généralement leurs prix autour du 16 de chaque mois, en fonction des indices internationaux. Par ailleurs, les marges de distribution, estimées à 1,48 MAD par litre, s’ajoutent aux taxes et aux coûts d’importation, limitant les possibilités pour le gouvernement d’atténuer les hausses sans recourir à des subventions coûteuses.
Conditions géopolitiques et économiques
Les tensions géopolitiques, comme celles survenues au Moyen-Orient en mars 2026 impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, montrent à quel point le Maroc est vulnérable face aux crises mondiales. Le blocage du détroit d’Ormuz a fait bondir les cours internationaux, impactant directement les prix au Maroc.
Le Front National pour la Sauvegarde de la Raffinerie Pétrolière Marocaine a mis en garde contre une escalade prolongée, qui pourrait pousser les prix à près de 15 MAD par litre. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les réserves stratégiques du Maroc couvrent seulement environ 30 jours de consommation.
Les crises récentes ont déjà entraîné une hausse des prix de plus de 100 %, illustrant l’ampleur des variations possibles en période de tensions. Cette volatilité constante a instauré une « instabilité durable » sur le marché marocain, rendant les prévisions pour 2026 et les années suivantes particulièrement complexes.
Prévisions du prix du gasoil pour 2026 et au-delà
Prix attendus jusqu’à fin 2026
Les prévisions pour la fin de l’année 2026 restent prudentes après la flambée des prix observée en mars. On estime que le gasoil pourrait se stabiliser autour de 12,80 MAD/litre jusqu’à la fin de 2026. Cependant, des facteurs géopolitiques pourraient entraîner une augmentation d’environ 2 MAD/litre. Si les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, le prix pourrait même grimper jusqu’à 15 MAD/litre.
Malgré des prix compétitifs par rapport à la moyenne mondiale, le marché marocain reste vulnérable aux fluctuations internationales. Cette sensibilité s’explique notamment par des stocks stratégiques limités, couvrant seulement 30 jours de consommation, ce qui réduit la capacité d’absorption des chocs.
Ces prévisions soulignent l’importance de suivre attentivement les tendances du marché et de se préparer aux éventuels impacts.
Analyses d’experts et conseils pratiques
Les experts prévoient une instabilité persistante pour le reste de l’année 2026. Mostafa Labrak et le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie mettent en lumière deux facteurs clés : l’augmentation de l’indice Platts, passé de 750 à 1 200 dollars la tonne, et la possibilité d’une escalade militaire, qui pourraient aggraver cette instabilité.
« La situation est particulièrement suivie en raison du rôle stratégique de l’Iran… Le pays figure parmi les dix premiers producteurs de pétrole »,
souligne Article19.ma.
Pour anticiper ces hausses, certaines entreprises de transport intègrent déjà une marge supplémentaire de +2 MAD/litre dans leurs prévisions budgétaires. Par ailleurs, le gouvernement soutient environ 100 000 véhicules pour limiter l’impact de ces fluctuations.
Les experts recommandent plusieurs actions pour renforcer la résilience économique :
- Améliorer la gestion des stocks stratégiques pour réduire la vulnérabilité du pays face aux chocs externes.
- Accélérer le développement du gaz naturel afin de diversifier les sources d’énergie.
- Informer les consommateurs sur les répercussions possibles, notamment sur les prix des produits alimentaires et des services, étant donné le rôle central du gasoil dans le transport et la logistique.
Ces mesures visent à atténuer les effets des fluctuations du marché et à encourager une transition énergétique plus robuste.
Conclusion
Depuis 2020, le marché marocain du gasoil traverse une période marquée par une grande instabilité. Début 2026, le prix du litre a dépassé les 10,00 MAD, atteignant 12,80 MAD/litre à la mi-mars. Cette hausse s’explique principalement par la forte dépendance du pays aux importations de produits pétroliers raffinés et par des tensions géopolitiques persistantes.
Deux facteurs clés alimentent ces fluctuations : l’indice Platts, qui a grimpé de 750 à 1 200 dollars la tonne, et les marges des distributeurs, qui ont doublé en quatre ans pour atteindre 2,60 MAD/litre fin 2025 . En parallèle, la capacité de stockage stratégique, limitée à seulement 30 jours, accentue la vulnérabilité du pays face aux chocs extérieurs.
Pour les mois à venir, les prévisions indiquent une possible stabilisation autour de 12,80 MAD/litre. Cependant, une hausse jusqu’à 13 MAD/litre pourrait survenir si les conflits régionaux s’intensifient. Cette situation met en lumière l’importance d’une gestion tarifaire rigoureuse. Les révisions des prix, effectuées les 1er et 16 de chaque mois, jouent un rôle crucial, tout comme le suivi des variations du baril Brent. À titre d’exemple, une variation de 10 dollars du prix du baril se traduit par un impact de 1 MAD/litre à la pompe.
Ces constats appellent à une réflexion approfondie sur la stratégie énergétique nationale. Pour renforcer la résilience du secteur, il est impératif d’augmenter les capacités de stockage stratégique et, selon certains experts, de relancer la raffinerie SAMIR afin de réduire la dépendance aux fluctuations des marchés internationaux.
FAQs
Quel sera le prochain prix du gasoil au Maroc ?
Le coût du gasoil au Maroc devrait connaître une nouvelle augmentation dans les prochains jours, prolongeant une tendance à la hausse amorcée depuis le début du mois de mars 2026. Cette évolution est largement influencée par des facteurs économiques variés, et elle risque d’entraîner des répercussions sur les budgets des consommateurs ainsi que sur les dépenses des entreprises.
Pourquoi les baisses du pétrole ne se voient pas toujours à la pompe ?
Même si le prix du pétrole brut diminue, cela ne signifie pas que vous verrez immédiatement une différence à la station-service. Pourquoi ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- Coûts logistiques : Le transport du pétrole brut vers les raffineries, puis des carburants raffinés vers les stations-service, engendre des frais qui ne varient pas forcément avec le prix du brut.
- Taxes élevées : En France, une grande partie du prix à la pompe provient des taxes (comme la TICPE et la TVA). Ces taxes restent fixes ou proportionnelles et ne diminuent pas avec la baisse du brut.
- Marges des stations-service : Les stations doivent couvrir leurs frais d’exploitation et réaliser un bénéfice, ce qui peut ralentir la répercussion des baisses de prix.
- Stratégies commerciales des distributeurs : Certains distributeurs choisissent de maintenir leurs prix plus longtemps pour stabiliser leurs marges, même si le brut devient moins cher.
Enfin, les coûts additionnels liés à la distribution et aux taxes amortissent l’impact direct des fluctuations du marché mondial sur le prix final que vous payez.
Comment réduire l’impact de la hausse du gasoil sur mon budget transport ?
Pour faire face à l’augmentation des prix du gasoil, adopter des habitudes de conduite plus économes peut faire une vraie différence. Voici quelques conseils simples mais efficaces :
- Adoptez une conduite souple : Évitez les accélérations brusques et privilégiez une vitesse constante pour limiter la consommation de carburant.
- Limitez l’usage de la climatisation : Elle peut augmenter la consommation, alors utilisez-la avec modération.
- Planifiez vos trajets intelligemment : Combinez vos déplacements pour réduire les kilomètres inutiles.
En complément, pensez à explorer des alternatives comme le covoiturage, les transports en commun ou même le vélo. Ces solutions peuvent considérablement réduire vos dépenses en carburant tout en étant plus respectueuses de l’environnement.

