En 2025, le marché automobile marocain a connu des transformations majeures, marquées par une progression des ventes de véhicules neufs (+35,13 %) et une hausse généralisée des prix, tant pour le neuf que pour l’occasion. Les principaux facteurs incluent :
- Augmentation des coûts de production : Inflation (2 % prévue en 2026), hausse des matières premières et volatilité des devises.
- Nouveaux comportements d’achat : Forte demande pour les hybrides et électriques, soutenue par des subventions (jusqu’à 100 000 dirhams).
- Dynamisme industriel : Expansion des usines Renault et Stellantis, arrivée de marques chinoises, et lancement de Neo Motors.
Les marques comme Dacia, Renault et Peugeot ont dominé, tandis que les citadines compactes ont surpassé les SUV. Les véhicules électriques, bien que modestes en parts de marché (2,6 %), affichent une croissance rapide (+49,6 %). 2026 s’annonce encore plus compétitive avec le lancement du premier véhicule électrique marocain et l’arrivée de Tesla.
Pour les consommateurs et entreprises : surveillez les taux d’intérêt, privilégiez les modèles électrifiés et profitez des incitations fiscales pour optimiser vos achats.

Marché automobile marocain 2025-2026 : chiffres clés et prévisions
Facteurs économiques affectant les prix automobiles
Comment l’inflation affecte les prix des voitures
Au Maroc, l’inflation devrait légèrement augmenter en 2025 avant de se stabiliser autour de 2 % d’ici 2026. Même si cette hausse reste modérée, elle a un effet direct sur le coût de production des voitures. L’augmentation des prix des matières premières comme l’acier et le caoutchouc, des pièces détachées et des salaires finit par se répercuter sur les prix de vente.
Pour contrer ces pressions inflationnistes et soutenir la demande intérieure, Bank Al-Maghrib a réduit son taux directeur à 2,25 % en mars 2025. L’objectif est de faciliter l’accès au crédit automobile et de maintenir la dynamique du marché. Cependant, l’inflation persistante et les variations du dirham marocain continuent de poser des risques pour les prix tout au long de l’année. Par ailleurs, la hausse des prix du carburant pousse de plus en plus de consommateurs à se tourner vers des modèles plus économes.
Voyons maintenant comment les fluctuations du taux de change influencent les coûts de production.
Chaîne d’approvisionnement et coûts de production
Le dirham marocain est indexé sur un panier de devises dominé par l’euro et le dollar américain. Bien que cela apporte une certaine stabilité, les constructeurs automobiles restent vulnérables aux variations de change. Ces fluctuations augmentent le coût des composants importés, notamment les semi-conducteurs et matériaux spécialisés qui ne sont pas encore produits localement. Les primes de couverture, souvent élevées, grèvent les marges et peuvent mener à des hausses de prix pour les acheteurs.
Malgré les efforts pour développer une base locale de fournisseurs, l’industrie automobile marocaine dépend encore largement de l’Europe et de l’Asie pour des pièces électroniques avancées et des composants de haute précision. Cette dépendance rend les prix des véhicules sensibles aux chocs monétaires. Des entreprises comme Stellantis poursuivent des objectifs ambitieux de localisation pour réduire les coûts, mais le contenu importé à forte valeur ajoutée reste un défi face aux fluctuations des devises.
La dépendance aux importations et les variations monétaires soulignent l’importance d’un soutien étatique pour stabiliser le secteur.
Politiques gouvernementales et taxes
Les politiques gouvernementales jouent également un rôle clé dans la formation des coûts automobiles. Par exemple, le gouvernement marocain a introduit des allégements fiscaux pour les véhicules électriques afin de promouvoir leur adoption, malgré leurs coûts initiaux élevés. Ces incitations sont accompagnées d’investissements dans des infrastructures de recharge pour soutenir l’expansion du marché des véhicules électrifiés. En parallèle, des accords commerciaux internationaux ont renforcé le rôle du Maroc en tant que hub manufacturier. Le pays a même dépassé l’Afrique du Sud en production automobile dès 2024.
Le soutien à la production locale a attiré des investissements de grandes marques comme Renault et d’acteurs locaux tels que Neo Motors, qui se concentrent sur le développement de véhicules électriques produits sur place. Cette dynamique est favorisée par un contexte économique encourageant, avec une croissance du PIB prévue à 3,8 % en 2025.
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Marques et modèles phares en 2025
Marques dominantes en 2025
En 2025, le marché automobile marocain a connu une croissance impressionnante, marquée par 11 mois consécutifs de progression dépassant les 20 %. Dacia et Renault ont continué à dominer largement, cumulant près de la moitié des parts de marché. En novembre, Dacia détenait 25,5 % des parts, tandis que Renault atteignait 22,5 %, avec une performance remarquable grâce à une augmentation des ventes de +100,5 % sur un an.
Hyundai et Peugeot se sont également imposées comme des acteurs majeurs. Hyundai est restée dans le trio de tête avec une part de marché de 15,6 % en janvier 2025. De son côté, Peugeot a enregistré une progression spectaculaire, affichant une croissance de +258,4 % sur la même période, soutenue par la production locale de Stellantis à Kénitra. Toyota, quant à elle, a excellé dans le segment des hybrides, capturant 46 % des parts de ce marché, notamment grâce à des modèles comme la Yaris Hybrid. Enfin, la fin de l’année a vu l’arrivée de nouvelles marques chinoises telles que Deepal, Chery, Soueast, Leapmotor et Lynk & Co, qui commencent à se faire une place.
Modèles les plus vendus et leurs prix
Cette domination des marques se reflète dans les ventes de leurs modèles phares. La Dacia Sandero reste un incontournable du marché marocain. La Dacia Jogger, désormais assemblée localement, s’est imposée comme une option hybride abordable et populaire. En octobre 2025, Dacia a vendu 4 065 véhicules, enregistrant une hausse de 42 % par rapport à l’année précédente. Renault a suivi avec 2 605 unités vendues (+59,52 %), tandis que Peugeot a écoulé 1 313 véhicules (+23,06 %).
Les citadines compactes ont regagné en popularité, surpassant les SUV pour la première fois depuis plusieurs années. Par ailleurs, les modèles électrifiés ont connu une montée en flèche : les véhicules électriques à batterie (BEV) représentaient 36,71 % des immatriculations, tandis que les modèles essence, incluant les hybrides, dominaient encore avec 67,73 % des parts de marché.
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Évolution des prix tout au long de 2025
Après avoir exploré les facteurs structurels qui influencent les coûts, concentrons-nous sur l’évolution concrète des prix au cours de l’année.
Prix stables ou en hausse ?
L’année 2025 a été marquée par une augmentation marquée des prix des voitures neuves, notamment durant le premier semestre. Cette hausse s’est rapidement répercutée sur le marché des véhicules d’occasion. En effet, les tarifs des voitures d’occasion ont grimpé de manière significative pendant l’été, directement impactés par les hausses appliquées par les constructeurs sur les modèles neufs.
Dans des régions comme Rabat-Salé-Kénitra, la situation s’est complexifiée. Les concessionnaires traditionnels ont dû faire face à une concurrence croissante, tandis que les grandes marques investissaient massivement dans le marché de l’occasion. Ces marques ont mis en place des programmes de reprise et des garanties spécifiques pour attirer une clientèle de plus en plus exigeante.
Omar Kettani a mis en lumière un problème central lié à cette dynamique :
Cette situation montre également l’absence d’une politique sociale efficace pour protéger le consommateur, car il n’existe pas suffisamment de mécanismes réglementaires pour garantir la transparence et l’égalité des chances sur le marché.
Les consommateurs, pris entre des prix élevés sur les véhicules neufs et d’occasion, se sont retrouvés avec peu de solutions abordables à leur disposition.
Comparaison avec les années précédentes
Alors que les années précédentes, le marché de l’occasion représentait une alternative économique au neuf, 2025 a bouleversé cette logique. Les ventes de véhicules neufs ont bondi de 35,13 % sur les dix premiers mois de l’année, atteignant 186 415 unités contre 137 953 en 2024. Cette croissance impressionnante s’est accompagnée d’une hausse généralisée des prix, touchant à la fois les segments neuf et d’occasion.
Un autre facteur marquant a été la réorientation des préférences des consommateurs. L’intérêt croissant pour des modèles plus économes a influencé les prix de revente, avec une valorisation accrue des véhicules hybrides et électriques. Par exemple, les ventes de voitures électriques ont connu une progression estimée à 80,4 % en 2025, soutenues par des subventions gouvernementales généreuses : 50 000 dirhams pour les particuliers et 100 000 dirhams pour les entreprises.
Prévisions 2026 : à quoi s’attendre
Sur la lancée de 2025, l’année 2026 s’annonce riche en évolutions pour le marché automobile marocain.
Facteurs susceptibles d’influencer les prix en 2026
Le marché automobile marocain devrait afficher une croissance de 4,8 % en 2026, légèrement supérieure aux 4,5 % enregistrés en 2025. Cette progression sera soutenue par un environnement financier favorable, marqué par un assouplissement des politiques monétaires et des taux d’intérêt plus bas, facilitant l’accès au crédit automobile pour les consommateurs.
Un événement marquant de janvier 2026 sera le lancement du Dial-E par Neo Motors, le tout premier véhicule électrique conçu et assemblé entièrement au Maroc. Ce lancement reflète une volonté croissante de développer l’industrialisation locale. Par ailleurs, Tesla, qui a implanté une filiale au Maroc en juin 2025, prévoit d’investir 2,8 millions de dollars dans une usine d’assemblage à Kénitra, avec une capacité estimée à 400 000 unités par an.
La concurrence s’intensifie également avec l’arrivée de constructeurs chinois comme BYD et Zeekr. Ces nouveaux acteurs pourraient exercer une pression sur les prix, en particulier sur les modèles électriques d’entrée de gamme.
Le marché des véhicules électriques (VE) poursuivra sa progression impressionnante, avec une hausse prévue des ventes de 36,3 % en 2026, atteignant 7 237 unités. Le taux de pénétration des VE passera ainsi de 2,6 % en 2025 à 3,4 % en 2026. La flotte totale de VE au Maroc devrait atteindre 18 207 unités, contre 11 011 en 2025.
Comment les acheteurs et les entreprises peuvent se préparer
Face à ces évolutions, il est essentiel que les consommateurs et les entreprises adaptent leurs stratégies dès maintenant.
Pour les particuliers, surveiller les décisions de Bank Al Maghrib concernant les taux directeurs en 2026 sera crucial. Des taux d’intérêt plus bas pourraient réduire le coût total d’acquisition d’un véhicule grâce à des financements plus abordables. Ceux qui envisagent d’acheter un véhicule neuf devraient privilégier les modèles hybrides ou électriques, qui offrent une meilleure valeur de revente, d’autant plus que la part de marché des véhicules diesel continue de diminuer, passant de 91 % en 2020 à 81 % en 2024.
Les entreprises, quant à elles, peuvent tirer parti des incitations gouvernementales, comme les primes pouvant atteindre 100 000 dirhams, les exonérations de TVA et les réductions des droits de douane. Ces avantages fiscaux rendent les flottes électriques plus compétitives, en compensant largement leur coût initial plus élevé.
Explorer les opportunités offertes par les marques locales comme Neo Motors pourrait également être une stratégie avisée. Ces constructeurs, soutenus par les initiatives gouvernementales, pourraient proposer des véhicules plus compétitifs que les modèles importés. Enfin, pour les entreprises de logistique, l’adoption de carburants alternatifs tels que le GNC ou les biocarburants constitue une solution pertinente pour réduire les coûts d’exploitation face à la volatilité des prix des carburants traditionnels.
Conclusion : points essentiels pour les acheteurs et les entreprises
Les fluctuations économiques et les politiques incitatives jouent un rôle clé dans les décisions des acteurs du marché automobile. Avec l’essor de l’électrification, l’arrivée de nouveaux compétiteurs et des évolutions réglementaires, le secteur traverse une phase de transformation majeure. Ces changements obligent à repenser les comportements d’achat et les stratégies d’investissement.
Pour les particuliers, les incitations gouvernementales représentent une opportunité à saisir pour l’achat de véhicules électriques. Il est crucial d’évaluer le coût total de possession, en tenant compte de l’entretien, de la consommation énergétique et de la valeur de revente. Dans ce contexte, les modèles hybrides et électriques deviennent des options stratégiques face à l’incertitude des prix des carburants.
Du côté des entreprises, l’adoption de flottes électriques peut offrir des avantages financiers significatifs, comme des primes pouvant atteindre 100 000 dirhams et des exonérations douanières. Des acteurs locaux tels que Neo Motors participent à cette dynamique, soutenue par des initiatives d’industrialisation nationale, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives.
Le marché de l’occasion reste également un segment à surveiller de près. De grands groupes automobiles y prennent une place dominante, ce qui limite les choix disponibles pour les consommateurs. Comme l’a souligné Omar Kettani, cette situation reflète les lacunes d’une politique sociale inefficace.
En conclusion, ces évolutions mettent en lumière l’importance de rester vigilant face aux changements du marché. Suivre de près les décisions de Bank Al-Maghrib peut aider à repérer les meilleures opportunités de financement et à optimiser vos investissements dans le secteur automobile.
FAQs
Quels sont les principaux facteurs à l’origine de la hausse prévue des prix des voitures au Maroc en 2025 ?
L’augmentation des prix des voitures au Maroc en 2025 repose sur plusieurs facteurs économiques et industriels. Tout d’abord, les coûts de production ont grimpé en flèche, principalement à cause des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et de la hausse des prix des matières premières. Cela se traduit directement par une augmentation du coût de fabrication des véhicules neufs.
En parallèle, la demande pour des modèles plus économes en énergie, comme les voitures hybrides ou électriques, joue également un rôle. Ces véhicules, souvent dotés de technologies avancées, sont plus coûteux à produire, ce qui se reflète sur leur prix de vente.
Le marché des voitures d’occasion n’est pas en reste. Face à une demande soutenue, les acteurs de ce secteur ajustent leurs prix à la hausse, renforçant ainsi la tendance générale. Enfin, les politiques économiques, notamment les taxes ou régulations liées à l’importation de véhicules, ajoutent une couche supplémentaire d’incertitude et de pression sur les prix.
Ces différents éléments combinés redessinent le paysage du marché automobile, obligeant les consommateurs et les entreprises à repenser leurs stratégies d’achat et d’investissement.
Quelles sont les incitations fiscales pour l’achat de véhicules électriques au Maroc et comment en profiter ?
Au Maroc, l’achat de véhicules électriques (VE) bénéficie de mesures fiscales avantageuses, notamment l’exonération de la TVA et des droits de douane. Ces allégements permettent de réduire de manière significative le coût d’acquisition. Concrètement, cela peut représenter des économies de plusieurs milliers d’euros sur le prix d’achat initial d’un VE.
En parallèle, le gouvernement marocain s’engage à développer l’infrastructure nécessaire pour soutenir l’adoption des VE. Un plan ambitieux prévoit l’installation de 2 500 nouvelles bornes de recharge d’ici 2026, réparties à travers le pays. L’objectif est de rendre l’utilisation des VE plus pratique et accessible pour les conducteurs.
Pour profiter de ces avantages, il est recommandé de se tourner vers des concessionnaires agréés et de rester informé des annonces officielles concernant les nouvelles mesures fiscales et subventions. Ces efforts s’inscrivent dans une démarche visant à promouvoir une mobilité plus respectueuse de l’environnement et plus économique pour les utilisateurs.
Quelles sont les marques et modèles les plus populaires sur le marché automobile marocain en 2025 ?
En 2025, le marché automobile marocain est largement dominé par Dacia et Renault, qui continuent de caracoler en tête des ventes grâce à leurs véhicules accessibles et bien adaptés aux attentes locales. Dacia reste une valeur sûre, en grande partie grâce au succès de la Sandero, un modèle particulièrement apprécié des automobilistes marocains. De son côté, Renault attire toujours autant avec des modèles comme la Clio, qui bénéficie d’une demande soutenue.
D’autres constructeurs, tels que Peugeot, Hyundai et Kia, occupent également une place importante en proposant une gamme diversifiée, incluant des citadines et des véhicules hybrides ou électriques. L’intérêt grandissant pour les voitures économiques et plus respectueuses de l’environnement témoigne d’un changement notable dans les préférences des acheteurs marocains, ce qui consolide la position de ces marques sur le marché.
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